23 octobre 2008

Jeudi

Ce que tu m’as dit de ta nuit, du ciel, de la lune, du paysage, du silence a dû ranimer en moi des réminiscences similaires... Et alors, j’ai pris feu dans ma solitude car écrire c’est se consumer... L’écriture est un incendie qui embrase un grand remue-ménage d’idées et qui fait flamber des associations d’images avant de les réduire en braises crépitantes et en cendres retombantes. Mais si la flamme déclenche l’alerte, la spontanéité du feu reste mystérieuse. Car écrire c’est brûler vif, mais c’est aussi renaître de ses cendres.

L'Homme Foudroyé
- Blaise Cendrars

*

La nuit est verte et rouge comme les lumières de signalisation. La nuit est bleu turquoise comme les ongles de cette adolescente dans le bus qui te regarde. La nuit s'écoule comme du sable. A Paris, la pyramide du Louvre est digne dans sa solidité fragile, sous les étoiles absentes.

*

Un. Je ne sais pas.
Deux.
Trois.
Cinq et puis trois.
La comptine ne vient pas.
C'est ta mémoire qui s'en va.

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X.
Claire C. sur Pink.
L'étrange mélange des genres.
Ou pas.

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Allumée et puis éteinte.

19 octobre 2008

Dimanche

End up all that is here noisy ...

*

Il faudrait, je pourrais, évidemment, en y pensant très fort alors, sincèrement, aller au bout de cette rue et apprendre à conduire, pour rouler autre chose que des cigarettes et encore, je ne crois pas que j'en roule, non, pas certaine que je fasse ce geste là.
Hier soir, hier nuit noire, je rêvais, une église et toi presque mariée. Des allées de bancs, des gens rangés comme des sardines sages, et ce prêtre invisible dont la voix résonnait contre les piliers pour ne rien dire d'intéressant. Moi, silencieuse sur la première chaise du premier rang, j'attendais, pour voir, y croire, à cette union, la tienne, dont je suis le témoin, triste, quasi désespérée, mais en sourdine attention, sans scandale, hein, et pourtant, cette immense envie de crier qui me prends, cette envie de me révolter contre le sort imposé. Alors je pars, je n'attends pas que tu arrives, je n'attends pas non plus que l'autre soit là, pas envie de voir son visage et sur ce visage un sourire qui aurait dû m'appartenir. Alors je me lève sans bruit et la tête pleine de cris cependant, dont je garde le secret au coeur du silence d'une église lumineuse, je pars. Je marche un peu dans le soleil du printemps, le coeur ravagé sans trop y croire encore, retenant comme je peux les larmes et la douleur. J'entends descendre la pluie au loin, derrière de jeunes montagnes. Le sang se fige. Je mets en route le moteur d'une petite automobile où je me cache. Je démarre et avance moi qui ne sait pas conduire, je passe les vitesses, je traverse une rue, tourne dans un virage, file sur une route, roule, roule et ensuite, enfin, m'arrête face à une rivière, fait alors marche arrière, me retrouve, sans savoir comment, dans un cul-de-sac, et me réveille à ton souffle.
A quoi rêvais-tu?

14 octobre 2008

Mardi

Il n'a pas de coeur.
Il entend, souvent, cette phrase dite et redite, qu'il n'a pas de coeur, ou bien qu'il ne sait pas s'en servir.
Est-ce utile un coeur?
Ceux qui savent ne se posent pas la question.
Les autres. Quels autres?
Ils désespèrent.

*

Entendu dans le bus. Quelqu'un (homme jeune, chic, voix grave):
Bon voilà. C'est l'hiver. Il fait chaud, on sait pas trop pourquoi. C'est l'hiver, il fait chaud.
Voilà.

*

Même empilement de gens dans les transports. Ligne 3 et 4.

*

C'est la nuit. La nuit bouchée. Bouche bée, je regarde, ces milliards d'étoiles incomptées. Je pense, à ces types en laisse près des stations en orbite. Des sentinelles.
Tout ce noir, vraiment, cet infini, à quoi bon?
Ivresse de l'inconnu.

*

L'effrayante monotonie des heures de bureau.

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Impossible de me défaire de cet air qui passe et repasse dans ma tête, comme un enfant en quête d'attention.

*

Parlement.
Parle. Ment.
La politique?

 

05 octobre 2008

Dimanche

C'est dimanche, il fait beau.