09 novembre 2008
Dimanche
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Dimanche
J'apprends un mot cet après-midi. Speakeasy.
Les speakeasies, qui ont disparu aujourd'hui, désignaient, en Amérique, les arrière-salles de bars où l'on servait (discrètement) de l'alcool pendant la prohibition.
L'automne coule.
L'encre fuit.
Sa main gauche est inutile. Vraiment?
Les racines comme les fils des toiles d'araignée.
Ne pas chercher d'histoires.
Etre mélancolique.
Même moment, quelques années plus tôt.
Ελευθερία ή θάνατος
[Eleftheria i thanatos - La liberté ou la mort]
Secoué avec violence, le bateau-feu résistait encore mieux au fracas du tonnerre qu'au progrès technique qui commande dans les années 60 l'effondrement des chantiers navals. L'heure des équinoxes, ces marées plus hautes que des buildings, ne sonne plus la mise à l'eau des longs navires semblables s à des licornes de fer et d'acier. Les licornes d'océan ont quitté les rades hostiles, les embouchures des fleuves indomptables. Tels des éléphants, ces géants immobiles se sédentarisent désormais dans des ports ou des hangars. Ils ont cessé d'ouvrir des chemins de lumière aux embarcations en détresse.
Un bateau-phare, un bateau-feu, une invention du XIXè siècle.
Un seul oeil, un oeil cyclope, au sommet de cette tour flottante, balayait le soir l'infinité de l'océan.
Parfois ce regard harponnait un voilier. Sinon, rien.
Rien d'autre que la plate étendue, sans distance, et sur la terre qu'on ne voyait pas, les plages poudrées d'écume blanche.
18:59 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Vendredi




Commencer. L'image qui vient, la première: une porte rouge. Pourquoi rouge, je n'en sais rien, c'est la première image, c'est celle qui vient. Peu de choses s'inscrivent dans la mémoire. On se souviendra toujours de celles qui étaient véritablement surprenantes. Le reste est inventé, ré-inventé, relaté encore, frelaté. Voilà.
Commencer. Rentrer dans la peau, rester dans la peau, pour l'éternité d'une seconde. La porte rouge. Le bon rêve. La campagne vide où je m'éveille. Fumerolles de brume sur les champs où la terre a été fraîchement retournée, cette terre qui s'accroche comme un mauvais gamin à vos godasses, qui dit: ne m'oublie pas là où tu pars, si c'est une autre terre.
Dans le bus, la lumière porte le chagrin sur les visages, les néons choquent l'ennui de cet habitacle où les regards des passagers s'évitent. Pourtant cette lumière blanche, artificielle, est la même qui rend les rues plus belles et qui éteint le vacarme de la ville. Dans ce bus, dans ce carosse à moteur, respirer. Les oublier un peu ces gens, les laisser vivre eux, et revenir ici, à l'intérieur.
Frapper doucement à la porte rouge. Demander encore plus doucement: qui est là? Les souvenirs enfouis se sont cachés ici, à l'abri. Ils reviennent souvent comme les vagues. C'est ici. La mer froide du nord vient contre le sable se poser, pareille à la main qui caresse le dos. C'est ici, l'apaisement, la suspension du temps, une, deux secondes, la plongée dans le sang ocre bleu de la mer; mes poumons forts, mes poumons pleins d'air, assez pour s'enfoncer plus loin dans la profondeur.
Commencer encore. Le noir. C'est le tableau de Jasper Johns qu'elle regarde avec intensité. Tout ce noir profond qui coule dans le blanc de la galerie. La pâleur somnifère se fige sur son visage. Rester immobile maintenant, parfaitement immobile.
15:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06 novembre 2008
Jeudi
- "...Soirs de Paris ivres du gin
- Flambant de l'électricité
- Les tramways feux verts sur l'échine
- Musiquent au long des portées
- De rails leur folie de machines..."
- G.Apollinaire
- La concentration...
Oh my God.
Je veux traverser les champs
Quand les animaux dorment encore
Les champs mènent à la falaise où l'aube prend son élan
L'hiver embrume les fenêtres
Les notes froissées du violoncelle d'abord
Je reviens, je t'aime encore
La maison de ton père
Fragilement ancrée
Pour toujours - Je doute
- Souvent je joue l'avenir au dés
Ils roulent indécis
Le hasard est précis comme les chiffres - Pipés ou non
- Malheur à nous de faire tomber les idoles?
21:42 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note









