19 juin 2008
Vendredi
Tard la nuit. Rues vides où grognaient des chiens.
Silence des cloches. Ronflement des rêveurs.
Où est le malheur? Où est-il, qu'on l'égorge.
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Dis-moi? Avons-nous disparu?
Corps et âme?
Notre coeur est-il pris ailleurs?
Qui le possède si on l'abandonne?
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23:57 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07 juin 2008
Samedi
Ce blog devrait changer de nom. Il devrait se nommer "semaine".
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Lecture du Monde. Constat implacable: je ne lisais pas la presse avant d'avoir un travail.
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Dans le Monde, suivi de l'actualité déguisée en présent qui dure. Drôle d'époque.
Un article m'interpelle qui est consacré au dernier essai de l'écrivain Richard Millet. L'opprobre (c'est le nom de l'essai) secoue le microcosme littéraire parisien (germanopratin) et fait des vagues. A lire l'article, qui s'intéresse davantage à la forme du scandale qu'au fond du livre, on devine jusqu'à quel point la littérature française devient lentement un objet judiciaire, et jusqu'à quel point elle rassemble autour d'elle des gardiens (d'ailleurs mal identifiés et souvent auto-proclammés) qui la défendent avec force et conviction. Cette défense ne mène t-elle pas à un aveuglement des uns et des autres? Est-ce que la littérature peut-être un objet soumis à la morale et à la justice?
L'article donne le malaise. D'abord par sa manière, que je ne comprends pas, de se concentrer sur la psychologie de l'auteur, Richard Millet, dont la journaliste fait un portrait désolé, comme si elle ne savait pas, mais voulait ardemment, comprendre son geste, son livre, et dans ce dernier les traces sombres. Quel geste? Et quelle est donc la teneur exacte de ces mots que d'autres déclarent indignes? Le lecteur reste dans la même incompréhension.
Je n'ai pas lu L'opprobre, et j'avoue qu'en lisant cet article, j'ai surtout le regret que la littérature se fasze pousser dans le champs du politically correct: cette vaseuse manière qu'ont eu les Américains de régimenter la société et de judiciariser la pensée.
Aseptiser la violence ne la fera pas disparaître.
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Qu'est-ce que la littérature? Ne concerne t-elle que la fiction?
Millet n'est pas le premier, ni le dernier.
Avant lui d'autres, comme Drieu, comme Céline, comme Bataille, ont arpenté la frontière entre la littérature et la politique, entre la fiction et le réel. Eux aussi ont, disait-on, prononcé les mots de trop. Eux aussi sont partis à la dérive, regrettait-on. Comme si la littérature était une bulle au dessus de la société; où les mots sont entièrement libres dès lors qu'ils s'en tiennent à autre chose que le réel. Comme si la politique était le domaine où les mots ont des conséquences et donc où les mots doivent être responsables.
L'époque interdit qu'on dise et qu'on fasse du mal. Attitude bien enfantine. Car l'interdiction et la sanction ont leurs limites.
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La littérature n'échappe pas au réel.
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Censurer?
L'heure, pour tout, pour tout le monde, est à la modération.
Héritier des excès du passé, le présent souhaiterait construire un avenir où la paix se confondrait avec le silence et la tenue.
La paix est violente, excessive, la paix peut-être même est terrible. Y pense t-on?
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Pauvreté l'édition, hier et aujourd'hui, demain encore.
Et quoi? La littérature comme toujours y survivra.
12:24 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
01 juin 2008
Dimanche
Suis à un tournant.
Immobile.
Pourrais, devrais, bouger.
Mais ne le fais pas.
Comme disait Kepler de Wallenstein: "son âme n'a pas atteint son plein épanouissement et sa maturité"...
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L'ordinateur est bien où il est.
L'autre table devrait partir.
Même si c'est le cadeau le plus précieux.
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Perte de soi.
Inimaginable.
On reste. Toujours.
C'est peut-être le drame pour certains.
Cette manière de ne jamais partir pour de bon.
Demeurer.
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Moustaki. Ma grand-mère me disait que c'était un mot grec qui voulait dire: moustache.
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La bibliothèque de Celus à Ephèse.
A voir.
La Turquie regorge de trésors.
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Here is when we shout:
FUCKING MIRRORS!
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