16 août 2008

Samedi

Route grise. Le revetement ressemble a la peau. Route, j'aurai ta peau, je roulerai sur tes cicatrices, ou d'autres sont passe, je passerai. Aussi.
Sur le chemin gris, parchemin invisible, le soleil jette ses derniers rayons. La bicyclette crisse de toutes parts; un vaisseau a la derive sur une mer jaune couleur des tournesols qui tournent leur tete contre le ciel. Je m'ecrase, essoufflee, sur une nappe verte ou le vent fait onduler les bles. Empreinte du corps qui sera ephemere sur cette terre etrangere ou les nuages finissent de tomber. Je reve. Que le monde se tait et que je n'ai plus peur. Je reve que tu es la et que nous nous tenons par la main comme pour se guider dans l'immobilite d'une fin d'ete. Les promesses tiennent la, dans les paumes ou nous ecrivons des mots d'amour, tatouages sur les lignes du coeur et du destin.
Ton appel resonne encore, quand tu pedalais ailleurs. Mon appel s'enroule aux branches des arbres. Leurs feuilles tombent, regarde, elles restent sur l'herbe. Qui s'en souviendra? Je crie. C'est le silence. L'alarme fait echo: quelquepart, quelqu'un est parti. Toi aussi.

*

Le vieux sur le banc, pres de l'hospice. S'etait-il echappe?
Il chantonnait. Il vous regardait avec des yeux brillants.
Il etait malicieux, le vieux.
Sur le banc.

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Jour de mariage.
L'allee, les fleurs jettees.

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Bruit de l'imprimante.. que je deteste pour ce qu'il me rapelle.

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Si je ferme les yeux maintenant, vas tu apparaitre?
I love you

 

21 juillet 2008

Lundi

Des habitudes de mon père: la cigarette devant l'écran d'ordinateur. La mélancolie qui naît de l'insatisfaction. L'insatisfaction qui nait du manque de simplicité. La simplicité qui était là dans l'enfance, et qui est partie un jour, consummée...

Des gestes de mon père: le râclement de gorge, les lèvres qui tremblent avant le mensonge, le silence, souvent le silence comme un masque...

Les rires aussi. Guitare sèche comme ses larmes, ses inventions...

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J'aime quand tu penses. J'aime quand tu ris. J'aime quand ta voix modulée me faît rêver. J'aime tes gestes inconscients, quand tu conduis, quand tu lis, quand tu dors à poings fermés. J'aime quand tu dis et quand tu ne dis pas les choses. J'aime te tenir un peu. J'aime te séduire beaucoup. J'aime t'attendre juste ce qu'il faut.

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Dent de lion. Dente de leao. Dandelion.

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Faire le bonheur.

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Défaire? Défaire quoi? Les noeuds.

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Pensées de Pascal. 

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L'argent sombre. Utile comme quoi? Y aurait-il anarchie sans lui?  

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No need a puzzle. No need a drink. No need at all of anything.
Just hurry. Hurry safely to me. 

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Lundi

Car orange. Vitrine peinte en bleu klein. Poubelle verte. Couvercle jaune.
Les couleurs quand les volets s'ouvrent.

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Celui qui a le plus de temps à Paris n'est pas le touriste.
Il est libre de ses mouvements mais pas libre de son temps.

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A la rue du bac, je dépose un cierge à la mémoire des veilleurs. J'avance dans le coeur de l'église entre les croyants et les curieux. Ici, le son qui sort des bouches est un inaudible murmure. Je m'assois sur un banc sombre où je me sens tranquille malgré les incessants passages des visiteurs. Un homme prie près de moi. Je sens combien cela compte pour lui, combien être là est un devoir qu'il s'impose en même temps qu'un rituel auquel il ne veut pas manquer. 

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Respiration lente.
J'essaye de trouver ce point où les pensées se taisent.

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20 juillet 2008

Dimanche

Parfois les dimanches sont laborieux. On ne sait ni comment, ni pourquoi.

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Le temps passe lentement aujourd'hui. Sentiment de gueule de bois par le gris d'une journée où peu de fois le soleil a pointé son nez.
Suis-je de mauvaise humeur? Non. J'attends. Etre de bonne ou de mauvaise humeur ne compte pas. J'attends. C'est terrible et merveilleux à la fois. Cette attente. J'essaye de faire des choses, un peu de rangement, un peu de lecture, un peu de réfléxion, mais j'en reviens toujours à l'attente, à son attente, à ton attente.

Le silence est tout autour de moi et m'épie. Ni tristesse, ni mélancolie. Je suis dans un couloir blanc. J'ai décidé comme ça que ce serait un couloir blanc qui symboliserait cette attente, aujourd'hui au moins.

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Je n'entends pas les concerts et la foule. L'attente est un petit tombeau chéri. Dans l'enfance je faisais avec moi-même des concours de patience. Je n'avais pas besoin de cartes à jouer. Il me suffisait de me mettre à un endroit et de décider que quelque chose m'attendait. Ca pouvait durer.

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Je ne suis pas allée au parc où j'avais rendez-vous. Les rendez-vous se prennent et se décommandent. Pour une fois, je n'avais pas décommandé. Mais j'attendais -où du moins j'espérais- qu'on décommande pour moi. J'avais besoin de solitude.

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Les magasins sont fermés. Dimanche. Tout ralenti sans pourtant qu'on puisse dire que tout s'apaise. Dimanche est une tentative menée par chacun pour volontairement faire stopper le temps, histoire que Lundi ne vienne pas ou vienne le plus tard possible. Dimanche se traîne pour cette raison là, car c'est le moyen qu'on a trouvé de prolonger, d'essayer de prolonger ce point du temps où les obligations n'existent plus.

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Est-ce que tu lis? J'aime bien te voir lire et j'aime bien t'entendre lire. 

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Lecture des carnets de Marguerite Duras, écrits pendant la guerre.
J'essaye de deviner les paysages décrits, les personnes racontées.
Je me demande à quoi ressemblait son appartement rue saint-benoit.
Que faisait-elle le Dimanche? Elle attendait Robert Antelme. Il y a de longues pages là-dessus. Sur l'angoisse de l'attente et sur la prolongation de l'attente comme ultime espoir de contrarier le destin.

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La radio se met en route toute seule. Le son est fort, envahissant.

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Je soigne une plante avec patience. Elle semble récalcitrante. Mais j'arriverai à mes fins.
On ne comprend pas, même les plantes, qui s'obstinent à cette évidente descente en abîme.
C'est quelque chose qui peut être insupportable et angoissant.
Le seul remède est la confiance. Savoir que l'autre, plante, animal, humain, ira bien.

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L'attente heureuse existe. Elle vient après l'attente, la longue attente qui ne sait pas sur quoi ou qui elle porte.

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Quand les portes s'ouvriront dans le brouhaha, je sais que ce sera toi, encore toi, qui sera la raison de ce pincement léger dans mon coeur.
Je sourirai.