07 novembre 2009

Samedi

Elle est douce cette musique.
Elle est là.
Elle passe et je l'entends.
A chaque fois la même, mêlée à des idées, sentiments liés.
Ce mélange me remplit et je ne sais pas dire pourquoi.
C'est quelque chose d'inexplicable.
Quand des mots touchent vos mots.
Quand vous êtes deviné.
Ce n'est qu'à vous.
Si cela ne s'exprime pas ni ne s'explique, alors tant mieux.
Peut-être.

*

Je traverse les couloirs de ce centre commercial.
Lumières et marchandises.
Et tant d'humains qui errent, perdus dans cette multitude d'objets qu'on croit si essentiels.
La solitude c'est de se trouver invisible au milieu des autres.
Sans être vu, sans être entendu que par soi.

Mes yeux ne s'attachent à rien.
Il y a des conversations, des poussettes, des enfants qui crient.
Il y a une mère qui pousse son fils adulte dans un fauteuil.
Lui, ses doigts s'agrippent à un DVD sur la légion.
Un écran diffuse le teaser d'un jeu vidéo sur un assassin dans la rome de la Renaissance.
Où suis-je?
On écrit des films sur l'apocalypse, sur la fin du monde, et nous?
Nous, que sommes nous devenus?
Des esclaves du temple de la consommation.
C'est presque drôle.
De se voir courir, de se voir prendre des livres, des disques, comme des paquets de lessive, des pommes tombées d'un arbre.
Et si tout cela était gratuit?
Il y en a tant. A qui ça manquera?

Mais non.
La vie revient.
Les contraintes, les besoins, ceux des autres, ceux du monde.
Il faut bien être là, s'efforcer...

Je rentre. J'étais dans un rêve: escalator, boutiques souterraines, affichages...
Ce n'était pas un cauchemar.
C'était un voyage.
Il y en a des pires.

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