18 décembre 2008

Jeudi

Entendu dans un rêve - peut-être pas un rêve, mais enfin cela s'entendait pendant une nuit très sombre et j'étais allongée et j'avais les yeux fermés - entendu cette phrase ou cet ordre ou bien ce conseil simplement: en hiver, abandonne ton corps et fais toi criminel...

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L'angoisse.
Cet étrange mot qui n'a eu longtemps aucun sens.

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L'ivresse de la marche sans but.

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La petite fille est un point rose dans l'air. Dans les bras de sa mère elle voyage comme les princes d'antan, comme les ballons aussi.
Je ne vois que ses joues couleur de son manteau et de son écharpe, rose impossible, rose d'enfant, de conte de fées, de soleil couchant aussi.

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Heures passées ce matin à classer des papiers, du courrier, à régler ceci et cela, affaires du quotidien, banales, épuisantes également. Je reste calme, étrangement.

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"Midi d'abord". C'est comme cela, qu'y pouvait-il? Alors d'accord pour midi d'abord.

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Bientôt l'heure du thé. Le voyage commence dans cette rencontre de l'eau fumante et des feuilles séchées, melangées, travaillées, épicées; venant de si loin, rivages du Siam, pentes bleues de Chine, transportées naguère sur des navires marchands, compagnie des indes orientales de Hollande, d'Angleterre et de France, florebo quoqumque ferar, je fleurirai là où je serai portée... Quelle poésie! Quand on y songe, ce rêve du commerce avec l'ailleurs, l'étrange économie des échanges au 17è siècle quand le monde est une carte en vide et en creux, en silences, en zones blanches de l'inconnu.

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Timides mots chassés par l'hiver.
Impossible naissance à cause de la paresse.
Le froid fatigue même l'inspiration...

16 décembre 2008

Mardi

Promener les yeux - mes yeux - sur l'étagère. Les images aspirent. Je rentre de promenade. Les promenades à pied exorcisent bien des inquiétudes. Demeure l'envie.

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Je flotte. L'air est froid. Le ciel s'éteint. Vraiment je flotte. C'est la musique, je crois. C'est Dimanche qui reste dans un coin de ma mémoire. Je flotte. Et j'ai besoin d'ancrage, de tranquillité, de méditation... pour mieux retrouver le bruit et la folie, mais moins souvent...

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L'écriture est toujours un éloignement, une mise à distance pour se rapprocher de quelque chose, d'un état, d'une expérience, d'une place précise et inconnue à la fois.

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Dans les yeux la lumière tombe, les éclaire, ils deviennent des ouvertures immenses, pleins de lumière, à se perdre. L'iris est la galaxie. Une constellation. Tout flotte, tout circule, tout apparaît et disparaît. Enfin.

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La musique.
Dans la tête se faufile.
Discrète ou non.
Forte ou douce.
La musique est là.
La voix, les mots.
Ainsi.

Toujours.