05 novembre 2008

Mercredi

Deux droites.
Des parallèlles.
Les châteaux de sable sur la plage de Trouville.
Je compte les personnes qui montent dans le bus.
Yes we can.
Il a la nostalgie des matins silencieux.
Des ciels clairs.
Du vide dans sa tête.
Yes we did.
Si j'avais eu 20 ans en 1980.
Je tiendrais le monde dans ma main.
Insane.
Le hameau. Trois fermes. L'homme qui guérit avec ses mains.
L'urgence des villes, l'urgence toujours. Foule dans les gares, foule dans les trains qui filent.
Le chien trottine, suit la petite fille dans ses bottines.
La plage de Deauville. Sans âmes, cent, s'enflamment. La mer étouffe les feux. Les transes.
Loud, loud.
Un hôtel particulier rue A.
Je lis. Les autres bruits m'énervent
F. - C'est une balançoire.
Swingset.
La poudre sur la commode, dans une boîte en ivoire. L'ombre, la tienne, glisse sur le miroir. Profil mangé par la glace.
Les clowns se maquillent dans le fracas des applaudissements.
Too late for me.
Et ainsi. Forever and ever.
Fondu. Longue attente. Craquement d'une allumette. L'odeur de ta cigarette, volutes imprégnées, imiscées dans la fibre de nos vêtements usés. Smile.
Une tasse de chocolat brûlant. La mémoire des choses qui vont par paires: drapeau et hérisson. Coupe et machette. Le garçon et la fille. Les cinq doigts de la main et les enfants. Toi et moi.
Les nuages, formes légères, îles éphèmeres, archipels vagabondes, de la Turquie à l'Algérie. Sur les routes tordues, toujours présents, ces nuages, pâles et gris, noirs colère aussi.
A bout, au bout, où le vide commence, dans l'air électrique, à bout, au bout, au bord des frontières, les identités se cachent, Tel Aviv ou Buenos Aires, ici les mêmes figures. Les mots disparaissent. Quelqu'un les fera revivre un jour. Ils sortiront d'une bande magnétique, puissants comme des cris. A bout, au bout, dans l'ombre des fusils, à Tirana et en Angola, les invisibles se soulèvent et poussent les siècles à la renverse.
Yes we can

Commentaires

C'est bon cette longue promenade avec toi, de Deauville à Tirana ; de la braise d'une cigarette ton âme s'envole.

Ton texte est une belle inspiration.
Les clowns, l'attente, l'ombre des fusils...
(Le verbe "can" n'a pas de futur. C'est un effort que l'on ne peut faire qu'au présent, au moment où on le dit. L'anglais est parfois plus honnête que le français... Sans majuscules.)

Ecrit par : Henry | 05 novembre 2008

Merci Henry.
Et si ce texte vous a inspiré, alors tant mieux :-)

Ecrit par : Mablank | 06 novembre 2008

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