19 octobre 2008

Dimanche

End up all that is here noisy ...

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Il faudrait, je pourrais, évidemment, en y pensant très fort alors, sincèrement, aller au bout de cette rue et apprendre à conduire, pour rouler autre chose que des cigarettes et encore, je ne crois pas que j'en roule, non, pas certaine que je fasse ce geste là.
Hier soir, hier nuit noire, je rêvais, une église et toi presque mariée. Des allées de bancs, des gens rangés comme des sardines sages, et ce prêtre invisible dont la voix résonnait contre les piliers pour ne rien dire d'intéressant. Moi, silencieuse sur la première chaise du premier rang, j'attendais, pour voir, y croire, à cette union, la tienne, dont je suis le témoin, triste, quasi désespérée, mais en sourdine attention, sans scandale, hein, et pourtant, cette immense envie de crier qui me prends, cette envie de me révolter contre le sort imposé. Alors je pars, je n'attends pas que tu arrives, je n'attends pas non plus que l'autre soit là, pas envie de voir son visage et sur ce visage un sourire qui aurait dû m'appartenir. Alors je me lève sans bruit et la tête pleine de cris cependant, dont je garde le secret au coeur du silence d'une église lumineuse, je pars. Je marche un peu dans le soleil du printemps, le coeur ravagé sans trop y croire encore, retenant comme je peux les larmes et la douleur. J'entends descendre la pluie au loin, derrière de jeunes montagnes. Le sang se fige. Je mets en route le moteur d'une petite automobile où je me cache. Je démarre et avance moi qui ne sait pas conduire, je passe les vitesses, je traverse une rue, tourne dans un virage, file sur une route, roule, roule et ensuite, enfin, m'arrête face à une rivière, fait alors marche arrière, me retrouve, sans savoir comment, dans un cul-de-sac, et me réveille à ton souffle.
A quoi rêvais-tu?

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