26 septembre 2008

Vendredi

C'est une maison. Elle est en bois, posée sur le sable; au loin on voit une plage, les vagues douces, il n'y a pas de tempête on pense. L'été est là, toujours, l'air vous enroule comme un châle, on s'endort la nuit dans les herbes hautes, sous la lune.

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L'écriture est beaucoup de choses. C'est aussi cet endroit de silence et de mots.

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21 septembre 2008

Dimanche

R-Kapuscinski.jpg

21 septembre. L'été est officiellement fini. Quel changement? J'ai passé la journée avec toi à regarder des bateaux, à regarder l'eau se refléter sur leurs voiles, à regarder les gens prolonger les vacances comme un pied de nez au passage des saisons. Le soleil glissait sur nos bras comme un chat, tu disais qu'on se croyait à 500 kilomètres de Paris...

En rentrant, j'ai trouvé sur le net cette photo de Richard Kapuscinsky. Hier tu m'avais passé un de ces livres. Je l'ai lu en partie dans le train, me replongeant dans les souvenirs de mon enfance. Je t'écoutais me dire ton interêt pour cet auteur; tu aimais, disais-tu, son regard sur les gens, sur l'Afrique. Je me demandais donc à quoi ressemblait ce regard, et cette photographie m'est tombée dessus en faisant une recherche sur la vie de Kapuscinsky. Je ne sais pas où elle a été prise. Je l'ai aimée instantanément pour un ensemble de raisons que je ne sais pas vraiment écrire maintenant. Se superpose à elle les images, d'autres images, évoquée dans la Guerre du Foot, ce roman écrit comme une conversation: les images de Nkrumah et de Lumumba, les rues de Stanleyville. Kapuscinsky les convoque avec poésie et recul. J'ai été surprise de retrouver des sensations que j'avais ressenties, à une autre époque, décrites avec simplicité et pourtant beaucoup de justesse.
Je vais m'endormir en entendant les oiseaux du Niger...

20 septembre 2008

Samedi

En bas, samedi, l'enfant pleure encore. Deviens-tu folle de l'entendre alors que la rue est vide quand tu ouvres la fenêtre? La réponse te fait peur ce soir. Tu t'es pourtant souvent posée cette question, pas seulement aujourd'hui, mais d'autres jours, d'autres nuits, dans le silence et dans le bruit. La folie. Etait-ce une chose présente dans la constellation de planètes qui flottaient, cadavres chimiques, au dessus du toit de ton berceau un midi de juin? Tu ne sais pas, tu cherches une explication, une autre, pendant que dans ton esprit une voix se déclenche pour te blâmer de ces interrogations inutiles.
Mille ans ont passé. Tu es loin de la folie, c'est pour cela que tu en as peur. Et cette nuit, la fatigue n'améliore rien. Ton corps te lâche. Ton esprit s'en sort comme il peut, comme un poisson qui manque d'air. Toutes les nuits depuis une semaine sont mauvaises, courtes, hurlantes, pareilles aux sirènes qui se déclenchent pendant les guerres. Le matin tu te traînes comme tu peux hors du lit, en rêvant d'hibernation, alternative commode à cette baisse de forme. C'est l'hiver, la reprise, c'est plein de choses, penses-tu pour te rassurer, plein de choses normales, qui n'arrivent pas qu'à toi. Le miroir te renvoie chaque fois une image que tu méprises, tu souris quand même à ce visage, tu penses que ton orgueil te perdra, mais que l'humour pourra te sauver la mise. Dehors la ville est grande, pesante, et les gens s'ignorent avec habitude. Tu marches avec eux, dans tes pensées, tu remercies le ciel de ne pas être dans les leurs. Les vitrines présentent les vêtements que tu n'achèteras pas, les canapés qui ne trôneront pas dans ton salon, les tableaux qui ne seront jamais accrochés à tes murs. Tu n'es pas triste, pas vraiment, sombre, épuisée plutôt, sans énergie. Le bus arrive. Les immeubles défilent, tu voudrais que le trajet se prolonge, tu as encore sommeil.

*

Au bureau un collègue te dit que la vie est courte et que les journées sont longues.

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Que va t'apprendre cette séparation? A parler plus? A faire moins semblant? A aimer l'effort, toi qui le déteste?

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Samedi

Tu es belle à pleurer.

Tu t'en sors comment, dis moi? Tu dors avec une trentaine d'enfants qui se planquent dans ta tête. Et eux, dorment-ils avec toi? Es-tu aussi plongée, le soir, dans trente têtes aux yeux fermés?

La musique, la mienne, explose dans le casque. J'ai les oreilles qui bourdonnent. Come on now, try and understand...

Il y a longtemps, tout était plus simple. Aujourd'hui chaque chose est compliquée, chaque évènement devient lourd, oppressant. On dirait que nos bouches sont pleines de plâtre. Nous ne nous comprenons plus, comme si nous parlions deux langues qui travaillent à notre isolement, nos regrets, et quand je dis nous... je ne devrai peut-être pas.

Je m'éloigne sans savoir vraiment pourquoi. Je ne me rapproche plus; par honte en partie, par oubli quelquefois, et l'oubli c'est la porte des enfers.

Je pense. Qu'il y a un feu quelquepart, et je ne sais pas s'il brûle ou bien s'il réchauffe.

Où était le point de rupture?

Et si tout ça était un mensonge?

J'ai envie de marcher mais mes jambes ne me portent pas. J'ai envie d'écrire mais rien ne vient. Si encore ma tête était vide, mais non, elle est pleine à déborder: un bric-à-brac, un fatras d'images, de mots, de sons qui se mélangent, se téléscopent comme des auto-tamponneuses dans une foire.

Je me souviens. Qu'il faisait diablement chaud le samedi matin à L, que je partais, que tout le monde dormait quand je partais, que le ciel dehors était plein, sans nuages, bleu comme dans les peintures.

Autre chose. L'auditorium à R. La scène vide. Je regarde cette scène étroite et j'attends. J'ai un walkman que j'ai acheté. J'écoute Genesis.
J'ai vu ton visage plus de 700 fois et pourtant chaque matin je me surprend à y trouver une ligne nouvelle. Est-ce parce que je ne te regarde pas assez bien? Est-ce que la séparation y changera quelque chose? Crois-tu qu'un jour, un autre, un matin ou un soir, nous nous parlerons autrement que comme des robots mal élévés? Il faudra y penser.

Je te laisse. Je lâche ta main, je ne lâche pas mon regard qui te voit t'éloigner presque à côté. J'ai envie de dire autre chose, mais ça ne vient pas et je sais que tu n'entendras pas maintenant.

08 septembre 2008

Lundi

Le vent grossit, le sable envahit lentement la mosquée de Sankore. Hier. A Tombouctou du sable , le même, peut-être un autre, coule entre les pierres de la maison de l'explorateur Lenz. Il habite là en Juillet 1880. Son nom est écrit sur une pancarte, rectangle de bois clair, posée juste sous le trou arrondi qui sert d'entrée à une maison étroite où les corps, quand il y entrent, se griffent aux murs durs, aux murs nus où se creusent déjà les crevasses de la sécheresse, où les corps griffés par les murs attendent dans la pénombre, où leurs mains à ces corps en attente, leurs mains touchent le bois d'une table, touchent le papier dessus qui vole quand on ne le retient pas, le papier où l'homme qui a perdu ses couleurs écrit en noir, dessine des mots qui sont légers comme des soupirs, les mots impossibles pour ces corps qui attendent et respirent, avalent la poussière, avalent la chaleur qui ne perce plus les poumons.  La pancarte raconte ce qui n'est pas écrit et que corps en attente ne lisent plus: ici vit Oskar Lenz, qui raconta son histoire dans de grandes salles froides, dans l'hiver praguois, marchant dans les rues, affairé, rouleaux sous le bras, toute l'Afrique connue et à connaître, là, enroulé sous le bras maigre du géologue Oskar, marchant plus vite soudain, cavalcant presque sur les pavés près de la vieille tour Dalibor, ce jeune Oskar, qui venait d'Autriche, qui vivait d'Afrique, qu'on faisait s'assoir sur des fauteuils qui lui faisaient mal car la dureté des sols battus lui manquerait toujours, cher Oskar, la terre africaine, dure, sèche, où les épées se cassent et perdent la mémoire, et les drapeaux ne se plantent plus et ne font pousser ni victoire, ni civilisation juste...

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Quelle est l'histoire d'Oskar Lenz? On pourrait dire que c'est celle d'un danseur. On aurait rien dit. On aurait peut être tout dit. En marchant à Vienne, à la sortie du musée d'ethnologie où l'on aurait vu les objets de la collection Baumann et Lenz, on pourrait, si on en trouvait un peu le courage, lire l'opus magnus de Lenz, son Timbuktu, sous titré, Reise durch Marokko, Sahara und Sudan, gros ouvrage qu'il fait publier à Leipzig en 1884.

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A SooB, où il est mort, il serait possible, sans doute, de questionner les fonctionnaires de la mairie pour s'enquérir de ce qu'il pourrait rester des archives personnelles du Dr Lenz. On répondrait qu'elles ont certainement disparues, que dans le cas contraire, elles sont peut-être à Prague, à Baden, à Leipzig éventuellement, si vraiment elles existent encore. Besognes inutiles. On aurait pris des trains, des bus, des métros. On aurait vu du paysage. Mais on aurait les mains vides, assez vides en tout cas. Sur un carnet de notes, on pourrait écrire "rien" à la place d'une réponse à la question: que reste t-il du Dr Lenz? Rien en dehors d'un ensemble informe d'articles en français et en allemand sur les géographes spécialistes de l'Afrique, articles savants dans lesquels surnagerait le nom de Lenz. Rien en dehors d'une masse imprenable de livres sur Tombouctou. A supposer qu'on en lise quand même un échantillon, on y trouverait souvent les mêmes informations: présence attestée de Lenz à Nioro et à Tombouctou au cours de l'été 1880. Du lien entre Lenz et Baumann, consul honoraire d'Autriche à Zanzibar, on ne pourrait pas dire grand chose, non pas faute de documentation, mais faute de temps, faute de pouvoir s'intéresser à tout sans risquer de finir par ne s'intéresser à plus rien d'autre.

Lundi

C'était où? Où déjà, La chambre de Giovanni? A gauche, au fond, près de la cuisine, derrière un empilement de caisses auquel plus personne ne prêtait attention, à gauche, oui, a la sinistra; alors on pensait, comme lui, comme Giovanni: c'est la chambre sinistre.

Le lit. Le piano. Et trois livres. Et Giovanni, assis en tailleur, vieux, ridé et crevassé, tatoué, gaucher, boxeur, voleur, perdu, voyageur, concierge et --merde, disait-il, y'a jamais assez de place sur les papiers d'identité pour dire tout ça.

Mantenere il silenzio. Le boulot déclaré de Giovanni. Se taire. La fermer. A cause du bruit, des bruits, de tous ces bruits dans l'immeuble, du haut en bas et du bas en haut. Giovanni, auto-déclaré roi du silence. Partir très tôt, marche après marche, partir, dans la poussière incrustée, à la conquête impossible du silence impossible. Aujourd'hui, criait Giovanni dans son accent de Vénétie, aujourd'hui c'est le jour des muets. Et tout le monde se doit de respecter un mimimum de silence. Ca voulait dire, dehors, un par un, tous les locataires et tous les propriétaires, y compris les infirmes qui ne sortaient plus de chez eux depuis longtemps et voyaient à cette occasion à quel point le monde change quand on ne fait pas attention à lui.

Giovanni, père fouettard et dernier anarchiste véritable, disait-il, car tous les autres, sans exception, sont des cons. Du reste, me disait la voisine, un peu tourmentée, il n'a pas tout à fait tort. On est anarchiste ou on ne l'est pas. Ce n'est pas si difficile. A quoi je répondais par un silence discret, ne comprenant rien ou si peu à ce qu'on me racontait. Cio giocà a la tua favore, soufflait Giovanni: cela joue en ta faveur. Et d'un geste un peu brusque il me signifiait de me presser: andata via. Bouge. Tu verras bien ce que la journée t'offre.

Et dans l'immeuble soudain allégé des respirations de ses habitants, Giovanni trônait en libertaire goûtant au luxe de la propriété. Commençait alors une brève tournée des appartements pour y distribuer le courrier et traquer la médiocrité des intérieurs. Quel besoin ont les gens de s'entourer de tant de choses inutiles, demandait-il, se parlant à lui-même, pendant que la "famille" (comme s'étaient baptisés les habitants de l'immeuble de la via T.) se tenait en cercle dans la cour intérieure, à fumer et à parler, aussi bas que possible, respect du silence oblige.

De la fenêtre du dernier étage, Giovanni observait, et, découragé ou bien alors encouragé (qui sait à cet âge de la vie ce qui nous porte encore?), il criait à nous tous: hé, les ploucs, si je saute et si je tombe sur vous, on va bien rire.

Il y avait toujours quelqu'un pour lui répondre: Giuletta! Zoccola! (Juliette! Poufiasse!).

07 septembre 2008

Dimanche

Brown eyes... Bois blanc. Récemment on a repeint les portes des toilettes du bureau. Rageusement presque. En toute hâte en tout cas, après plaintes répétées de visiteurs, choqués par les graffitis étalés sur le bois, signes évidents pourtant que la vérité est toujours cachée, que le réel est un théâtre, même et surtout même dans les entreprises, presbytères laïques, où parfois les esprits disjonctent.

Dans les toilettes, l’espace clos devient espace de liberté. On s’y tient assis ou debout, à l’affût des pas, tirant la chasse pour brouiller les pistes tandis que d’une main enfantine on trace un mot, on en lit deux, anonymement...

je te sucerai bien / numéro de téléphone / tu es moi

Jeux de mots et poèmes qu’on déchiffre à peine, penché sur soi même, l’oeil voyeur, dans ce qui, autour de nous, se met à ressembler à une cellule...
On n’efface jamais les messages. S’il le fallait, on gratterait avec les ongles sous la peinture pour que l’univers conserve cette trace encore. Arrachés à nos coeurs bavards, les messages laissés sur les murs sont le soulagement d’un silence imposé, d’une parole muette par devoir.

Sur un arbre pillé, Mr T. nouait des papiers pliés. Mr T, habitué à dormir le jour et, la nuit venue, à rouler longtemps, lui et sa Bentley affichant des milliers de kilomètres au compteur, lui et sa Bentley sucottant alcool et gazoline, comme il l’expliquait, ce que je paye m’appartient, j’aime le liquide de cette perfusion.

Nuit noire sur l’est Zanzibar, la magie d’un lieu est dans son nom, répété après les adieux, résonné dans des couloirs lépreux, disait Mr. T, incliné au bord d’un quai de métro, presque à la dérive. Glisser, dit-il, je veux glisser encore, longtemps; le jour c’est impossible, les yeux me coulent dans le coeur, je me cache dans des tiroirs. Soir après soir, je les quitte, je m’échappe de là où je reviens toujours. Je pars, dans les abattoirs, comme j’appelle les rues, pour ne rien y faire du tout. Ça vous ferait plaisir de savoir que j’assassine là-dedans, hein ? Il passe ses mains dans les cheveux. Il a été beau. On dit qu’il a fasciné, hommes et femmes. On dit que c’était un inconscient. Il passe les mains dans ses cheveux, doigts plantés dans le moelleux du crâne, juste avant le puzzle d’os et de muscles, parlant soudain de sa main invisible, du froid, de son vélo à roulettes sur l’île de Sado dans la mer du Japon, de ses lèvres devenues quasi violettes, de ses rides pareilles à des cicatrices, pareilles à des lignes de division entre le passé, le présent et l’avenir. Est-ce que nos visages ne sont pas des cartes ? Il demande. Il rit. Il se tait. Il se lève. Il montre une affiche vantant les mérites de la chirurugie esthétique. Les chirurgiens nous effacent peu à peu à notre demande, dit-il levant ses mains devant les yeux, j’ai peut-être fait cela moi aussi, songeur, peut-être que moi aussi j’ai effacé.

Tu plies les genoux comme lui, tu pourrais lui ressembler. Il conduisait d’une seule main, je n’ai jamais voulu voir où traînait l’autre, il y avait toujours la nuit à prendre, sans rien décider.

06 septembre 2008

Samedi

Vague blanche. J'écoute Alphaville. C'est peut-être aujourd'hui, c'est peut-être hier. Allongée sur un lit. I want to sleep by your side.
Suis-je romantique? C'est un mystère, hier et aujourd'hui encore.

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Se lever. Levons nous. Marcher. Marchons. Comme se serait simple. Des ordres. Des exécutions.

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Etait-ce la maison de l'enfance? Au bout de la route, dans un virage, était-ce seulement le mirage des souvenirs? Je n'en saurai rien. Je pourrais, bien sûr, chercher encore, trouver d'autres indices, faire parler les mémoires de mes parents; je n'en ai pas envie. Il s'est maintenant superposé aux images de l'enfance celles de notre voyage à S. Elles n'effacent pas les bribes de souvenirs, elles ne les remplacent pas. Elles s'ajoutent simplement. Ce sera au tour de mes enfants, un jour, de jouer les explorateurs, s'ils le veulent.

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Souvenir de cette femme, debout derrière son comptoir, visage marqué par les soucis, les vrais, qui vous oppressent malgré vous, qui forment un rempart absurde et solide contre le bonheur.
Elle attendait. Des clients. Son mari. La fin d'un crédit trop tôt acquis, trop rapidement, avec l'espoir de la chance qui tourne enfin, se dit-on, mais ça ne marche pas comme cela, non. Elle attendait le passé, qui revenait par moments, par hasard souvent, à défaut du reste. Son passé n'était nulle part aujourd'hui. Il avait existé, oui, mais comme dans une autre vie, enfuie désormais. Cette vie était morte au retour d'un voyage, le dernier, le plus triste. Depuis, j'avais le sentiment que cette femme était un fantôme. Parfois les deuxièmes vies sont des couloirs d'attente. Notre coeur est saisi par un froid définitif. Nous attendons, nous ne faisons plus qu'attendre ce que d'autres redoutent.

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