20 septembre 2008
Samedi
Tu es belle à pleurer.
Tu t'en sors comment, dis moi? Tu dors avec une trentaine d'enfants qui se planquent dans ta tête. Et eux, dorment-ils avec toi? Es-tu aussi plongée, le soir, dans trente têtes aux yeux fermés?
La musique, la mienne, explose dans le casque. J'ai les oreilles qui bourdonnent. Come on now, try and understand...
Il y a longtemps, tout était plus simple. Aujourd'hui chaque chose est compliquée, chaque évènement devient lourd, oppressant. On dirait que nos bouches sont pleines de plâtre. Nous ne nous comprenons plus, comme si nous parlions deux langues qui travaillent à notre isolement, nos regrets, et quand je dis nous... je ne devrai peut-être pas.
Je m'éloigne sans savoir vraiment pourquoi. Je ne me rapproche plus; par honte en partie, par oubli quelquefois, et l'oubli c'est la porte des enfers.
Je pense. Qu'il y a un feu quelquepart, et je ne sais pas s'il brûle ou bien s'il réchauffe.
Où était le point de rupture?
Et si tout ça était un mensonge?
J'ai envie de marcher mais mes jambes ne me portent pas. J'ai envie d'écrire mais rien ne vient. Si encore ma tête était vide, mais non, elle est pleine à déborder: un bric-à-brac, un fatras d'images, de mots, de sons qui se mélangent, se téléscopent comme des auto-tamponneuses dans une foire.
Je me souviens. Qu'il faisait diablement chaud le samedi matin à L, que je partais, que tout le monde dormait quand je partais, que le ciel dehors était plein, sans nuages, bleu comme dans les peintures.
Autre chose. L'auditorium à R. La scène vide. Je regarde cette scène étroite et j'attends. J'ai un walkman que j'ai acheté. J'écoute Genesis.
J'ai vu ton visage plus de 700 fois et pourtant chaque matin je me surprend à y trouver une ligne nouvelle. Est-ce parce que je ne te regarde pas assez bien? Est-ce que la séparation y changera quelque chose? Crois-tu qu'un jour, un autre, un matin ou un soir, nous nous parlerons autrement que comme des robots mal élévés? Il faudra y penser.
Je te laisse. Je lâche ta main, je ne lâche pas mon regard qui te voit t'éloigner presque à côté. J'ai envie de dire autre chose, mais ça ne vient pas et je sais que tu n'entendras pas maintenant.
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Commentaires
With doubt the vicious circle
Turn and burns.
(The night belongs to you. Hang on in there, Marion !)
(Et je suis désolée d'imposer encore mon omniprésence dans tes commentaires...)
Ecrit par : Ellis | 20 septembre 2008
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