06 septembre 2008

Samedi

Vague blanche. J'écoute Alphaville. C'est peut-être aujourd'hui, c'est peut-être hier. Allongée sur un lit. I want to sleep by your side.
Suis-je romantique? C'est un mystère, hier et aujourd'hui encore.

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Se lever. Levons nous. Marcher. Marchons. Comme se serait simple. Des ordres. Des exécutions.

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Etait-ce la maison de l'enfance? Au bout de la route, dans un virage, était-ce seulement le mirage des souvenirs? Je n'en saurai rien. Je pourrais, bien sûr, chercher encore, trouver d'autres indices, faire parler les mémoires de mes parents; je n'en ai pas envie. Il s'est maintenant superposé aux images de l'enfance celles de notre voyage à S. Elles n'effacent pas les bribes de souvenirs, elles ne les remplacent pas. Elles s'ajoutent simplement. Ce sera au tour de mes enfants, un jour, de jouer les explorateurs, s'ils le veulent.

*

Souvenir de cette femme, debout derrière son comptoir, visage marqué par les soucis, les vrais, qui vous oppressent malgré vous, qui forment un rempart absurde et solide contre le bonheur.
Elle attendait. Des clients. Son mari. La fin d'un crédit trop tôt acquis, trop rapidement, avec l'espoir de la chance qui tourne enfin, se dit-on, mais ça ne marche pas comme cela, non. Elle attendait le passé, qui revenait par moments, par hasard souvent, à défaut du reste. Son passé n'était nulle part aujourd'hui. Il avait existé, oui, mais comme dans une autre vie, enfuie désormais. Cette vie était morte au retour d'un voyage, le dernier, le plus triste. Depuis, j'avais le sentiment que cette femme était un fantôme. Parfois les deuxièmes vies sont des couloirs d'attente. Notre coeur est saisi par un froid définitif. Nous attendons, nous ne faisons plus qu'attendre ce que d'autres redoutent.

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