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20 juillet 2008

Dimanche

Parfois les dimanches sont laborieux. On ne sait ni comment, ni pourquoi.

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Le temps passe lentement aujourd'hui. Sentiment de gueule de bois par le gris d'une journée où peu de fois le soleil a pointé son nez.
Suis-je de mauvaise humeur? Non. J'attends. Etre de bonne ou de mauvaise humeur ne compte pas. J'attends. C'est terrible et merveilleux à la fois. Cette attente. J'essaye de faire des choses, un peu de rangement, un peu de lecture, un peu de réfléxion, mais j'en reviens toujours à l'attente, à son attente, à ton attente.

Le silence est tout autour de moi et m'épie. Ni tristesse, ni mélancolie. Je suis dans un couloir blanc. J'ai décidé comme ça que ce serait un couloir blanc qui symboliserait cette attente, aujourd'hui au moins.

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Je n'entends pas les concerts et la foule. L'attente est un petit tombeau chéri. Dans l'enfance je faisais avec moi-même des concours de patience. Je n'avais pas besoin de cartes à jouer. Il me suffisait de me mettre à un endroit et de décider que quelque chose m'attendait. Ca pouvait durer.

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Je ne suis pas allée au parc où j'avais rendez-vous. Les rendez-vous se prennent et se décommandent. Pour une fois, je n'avais pas décommandé. Mais j'attendais -où du moins j'espérais- qu'on décommande pour moi. J'avais besoin de solitude.

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Les magasins sont fermés. Dimanche. Tout ralenti sans pourtant qu'on puisse dire que tout s'apaise. Dimanche est une tentative menée par chacun pour volontairement faire stopper le temps, histoire que Lundi ne vienne pas ou vienne le plus tard possible. Dimanche se traîne pour cette raison là, car c'est le moyen qu'on a trouvé de prolonger, d'essayer de prolonger ce point du temps où les obligations n'existent plus.

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Est-ce que tu lis? J'aime bien te voir lire et j'aime bien t'entendre lire. 

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Lecture des carnets de Marguerite Duras, écrits pendant la guerre.
J'essaye de deviner les paysages décrits, les personnes racontées.
Je me demande à quoi ressemblait son appartement rue saint-benoit.
Que faisait-elle le Dimanche? Elle attendait Robert Antelme. Il y a de longues pages là-dessus. Sur l'angoisse de l'attente et sur la prolongation de l'attente comme ultime espoir de contrarier le destin.

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La radio se met en route toute seule. Le son est fort, envahissant.

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Je soigne une plante avec patience. Elle semble récalcitrante. Mais j'arriverai à mes fins.
On ne comprend pas, même les plantes, qui s'obstinent à cette évidente descente en abîme.
C'est quelque chose qui peut être insupportable et angoissant.
Le seul remède est la confiance. Savoir que l'autre, plante, animal, humain, ira bien.

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L'attente heureuse existe. Elle vient après l'attente, la longue attente qui ne sait pas sur quoi ou qui elle porte.

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Quand les portes s'ouvriront dans le brouhaha, je sais que ce sera toi, encore toi, qui sera la raison de ce pincement léger dans mon coeur.
Je sourirai.

 

Commentaires

mmmh... Sur les murs du couloirs, on peut voir, gravees, les croix de ceux que personne n´est venu chercher...

Ecrit par : emily | 20 juillet 2008

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