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17 février 2008
Dimanche
Venise la Rouge. Ou bien Naples?
Au fond rien ne bouge.
Les sorcières se sont couchées.
Fatiguées.
L'épuisement vient du sud.
Où la bataille gronde.
Dans les cafés les gens s'assoient au repos. Devant leurs assiettes froides ou fumantes, ils pensent à leur campagne: au périgord, à la bourgogne, aux odeurs marines que Paris leur à pris. Sur les trottoirs horizontaux, ils voient passer des silhouettes verticales qui leur sont semblables.
Dans cette brasserie, les voyageurs boivent des cafés noirs. Il y a de pauvres et drôles humains là, que le soleil n'accable pas. Leurs serveurs sont des sentinelles blanches et noires dont les godasses battent la mesure sur le plancher pendant que le patron crie et essaye de vous vendre sa piquette.
Sur la façade d'un des bâtiments de la gare, trois drapeaux observent la rue, silencieux et couverts de tâches de suie. Le métro s'enfuie sans laisser de traces.
Deux vieilles veuves entrent. On leur dit "asseyez vous madame, on va vous trouvez une place". Elle sont deux mais on la croit seule. Solitudes unies.
Des gens entrent. Ils cherchent le fond de la salle pour s'y cacher des regards.
Un couple de sourds muets discute attablé près de la fenêtre. Pour parler avec le serveur, ils écrivent avec soin leur commande sur son calepin.
Pluie dans la Cité Interdite. Lacs gelés du Caucase et visages secs des cavaliers des steppes. Arbres creux dans les jungles. Caresses au creux des genoux. Le cartable en cuir noir est piégé au sol. Les feuilles blanches sont rangées dans la plus grande poche. Les nuages se mêlent aux vapeurs des moteurs dans la rue. La fatigue s'imprime en tâches brunes sous les paupières. Les animaux bien loin mastiquent de l'herbe sèche et voient passer des camions aux phares ronds.
Une main ça ne contient pas tant de lignes que cela. Avec on peut faire de la couture de destin.
Il était une fois...
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03 février 2008
Dimanche
Vite. Sans idée. Ecrire. Avant de dormir. Quelquechose. Voilà. C'est fait. Quelquechose. Et je n'en sais rien, et je m'en fiche, à cause de la fatigue, de ne plus avoir les idées claires.
Tu entends?
Non, évidemment. Tu n'entends pas. Et heureusement. Tu dors. Tu t'es endormie. Une ou deux étoiles veillaient sur toi. Il n'en faut pas plus. C'est juste assez. Puisqu'elles te protègent très bien.
Moi?
J'ai les yeux qui piquent. Comme à la vieille époque.
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