14 décembre 2009
Lundi
C'est la mer. Brouillard liquide. Il fait froid et la plage est presque vide...
Je n'arrive pas à écrire.
Pour écrire il faut une solitude que je n'ai plus, et tant mieux, et tant pis, et peut-être que c'est comme cela pour l'instant et que tout reviendra un jour, demain qui sait, et que je pourrai écrire sur la fumée de mer, l'autre nom qu'on donne à la brume claire, et écrire sur la mer grise et féroce avec toute la gentillesse qu'il faut, écrire sur la coupure, sur les gens, les modestes gens qui rougissent devant les machines à sous, et tous ces visages au bonheur suspendu devant des rouleaux colorés qui ne s'arrêtent pas de tourner sur eux-mêmes - alors le destin est un tournis, un tournant, un touriste, enfin bref quelque chose, une force, une énergie, qui tourne sur elle-même jusqu'à prendre une forme ou aucune, et parfois cette forme vous touche et tourne avec vous, tourne et retourne les choses de votre vie jusqu'à les bousculer, jusqu'à les faire virevolter, et parfois rien, finie l'aventure, voilà, il y a des défaites qui n'ont rien de triste, qui ne sont pas graves.
21:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09 décembre 2009
Mercredi
Je ferme les yeux.
Besoin de vacances.
L'amour reste intact parce que l'amour est fort.
Il n'y a que nous qui sommes fragiles
et si beaux parfois dans cette faiblesse là.
De magnifiques devinettes.
Hâtons-nous d'aimer même un visage qu'on ne reverra plus.
Pressons notre tendresse, ne la bradons pas.
Il suffit d'un seul sourire, d'un seul regard pour nous relever.
La vérité est un rire d'enfant.
Souvent je vous écoutais pleurer. Vos larmes glissaient dans le silence de la nuit comme des danseuses perdues.
J'étais triste, si triste pour vous. M'entendiez vous? Les rues étaient vides et les gens dormaient. C'était l'hiver et le froid , les gouttes de pluie étaient pareilles à des épingles blanches dans la lumière des lampes.
Je vois vos mains, longues et fines, croisées derrière votre nuque. La lune éclaire votre visage. Les larmes séchées font des traces étranges sur la peau comme des cicatrices rituelles, douces et éphemères. Vous vous tenez debout face à la fenêtre et vous regardez la rue silencieuse. On dirait que Paris se tait pour vous. Vos lèvres tremblent. C'est un chagrin plus fort que le reste, le grand appartement, le salon confortable, le bonheur des gens aisés. C'est une peine qui vous prend en un instant et vous tiens prisonnière loin du monde.
Où partiez-vous? Un jour personne n'a pu vous retenir; moi, je n'ai pas su dire que je vous aimais.
Il me semble que je cours encore après ce regret d'adolescence.
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05 décembre 2009
Samedi
Marguerite Yourcenar écrit Feux quand elle a 32 ans. Je crois qu'il s'agit de son roman le plus intime et le plus beau.
*
17:29 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
03 décembre 2009
Jeudi
Incroyable comme, une fois devant l'écran, toutes les pensées s'évanouissent comme dissoutes par la phosphorescence.
*
Foi um imenso desperdiçar de gente
Para que ela fosse aquela perfeição
Solitária exilada sem destino
*
A Delhi une somnanbule pieds nus se promène sous la pluie sans bruit petite et souveraine et tandis qu'elle soupire sous les étoiles une lumière à la fenêtre s'éteint et le noir glisse sur les murs d'une villa quelquonque où rêve une femme endormie
*
Les îles sont des refuges arrachés à la terre, même l'Angleterre.
18:59 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note












